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Thème 4 : L'amélioration des capacités de prévention et de contrôle des aflatoxines

Même en sensibilisant à la question des aflatoxines et de leurs risques associés, la capacité africaine à répondre efficacement à cette problématique reste inexistante.

Cela vaut pour les installations et les équipements. L'Afrique manque de laboratoires de référence pour l'analyse d'échantillons et de laboratoires pour développer des techniques ou les adapter selon les régions.

Les capacités humaines ne sont pas non plus adéquates. Les petits exploitants, les négociants, les transporteurs et les sociétés de transformation, même sensibilisés à la question des aflatoxines et de leurs impacts, peuvent ne pas savoir comment minimiser le risque de contamination ou identifier les lots à risque. Les professionnels de la santé ne sont pas toujours conscients des risques sanitaires potentiels et ne sont pas équipés de moyens de diagnostic rapide.

Les décideurs politiques, les développeurs et les investisseurs ne sont également pas informés de l'étendue du problème, ce qui ne les met pas en position favorable pour prendre des décisions politiques et financières raisonnées. Les responsables de la mise en application des normes – là où ils sont présents – ne sont pas équipés et il y a un manque généralisé de capacités à mettre en œuvre des approches basées sur les risques en matière d'élaboration de politiques et de réglementations.

En s'efforçant de combler les manques de capacité chez les institutions et les individus – avec un effort particulier porté sur les femmes – le PACA et ses partenaires poursuivent trois grands objectifs :

  • Accroître la capacité d'évaluation des risques dans les institutions africaines
  • Améliorer les compétences et les infrastructures de test et de diagnostic
  • Développer la capacité à intégrer les bonnes pratiques de lutte contre l'aflatoxine

Accroître la capacité d'évaluation des risques

Les approches basées sur les risques pour le développement de politiques et de réglementations visent à répondre aux risques actuels plutôt qu'à développer des règles prescriptives ; elles permettent de mieux cibler des ressources limitées. De telles méthodes dépendent de la précision de l'évaluation, de la quantification et de la gestion du risque.

En Afrique, où il y a un manque de personnel formé dans les approches basées sur les risques, le PACA vise à développer des capacités nationales et régionales dans ce domaine, en particulier dans le contexte des risques liés à l'aflatoxine.

Le PACA travaille à renforcer les programmes d'analyse des risques et de formation scientifique en incluant des exemples relatifs au contexte africain et au problème de l'aflatoxine, tout en initiant un mouvement vers des prises de décisions plus axées sur les risques dans tous les secteurs.

Il y aura un plus grand partage des informations et des expériences sur les approches basées sur les risques pour le contrôle des aflatoxines, par le biais de la plateforme du PACA et par le biais d'une nouvelle base de données dédiée d'experts en évaluation des risques. Ces experts doivent être incités à se former et à s'entraider, afin de créer une communauté de pratiques.

Le PACA va aussi rassembler et analyser des données sur les aflatoxines afin de créer des modèles prédictifs, définir des scénarii et mettre en évidence des modèles potentiels de contamination de récolte suite au changement climatique.

Améliorer les tests et les diagnostics d'aflatoxine

Les tests de contamination des produits de base et aliments pour animaux et le diagnostic de cas d'empoisonnement chez les humains et les animaux nécessitent de solides systèmes de monitoring. Ces systèmes doivent de préférence être harmonisés entre tous les pays d'une même zone commerciale régionale. L'exactitude et la fiabilité de ces systèmes dépendent de l'adéquation des équipements, installations et ressources, ainsi que de la présence d'un personnel suffisamment qualifié.

Le PACA développe des guides et des procédures opérationnelles standards pour l'échantillonnage et le test des produits agricoles et pour le diagnostic des cas d'empoisonnement à l'aflatoxine chez les humains, en collaborant étroitement avec les autorités de sécurité alimentaire, les agences sanitaires et les chercheurs.

En outre, le Partenariat développe des installations et des programmes d'éducation adaptés pour la formation au plan régional et national et contribue à mobiliser des ressources pour un contrôle et un diagnostic efficaces. Il sera créé une base de données à l'échelle du continent regroupant les informations relatives aux personnes possédant une formation adéquate et aux installations de laboratoires existantes.

Développer la capacité à intégrer les bonnes pratiques

Avec une plus grande connaissance des aflatoxines et des systèmes de contrôle plus rigoureux, l'Afrique verra croitre la demande de formation sur la gestion, la prévention et le contrôle des aflatoxines. Les programmes et les matériels de formation doivent être mis au point et distribués en collaboration avec les laboratoires spécialisés, les organismes de recherche, le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale, les organisations de fermiers et les organisations non gouvernementales, entre autres.

Le PACA développe et teste des modules de formation sur la gestion de l'aflatoxine à intégrer aux formations existantes des agents et professionnels de santé. Pour ces derniers, les programmes d'éducation doivent inclure les impacts des aflatoxines et des options de réduction de la contamination le long des chaînes de valeur. Les formations des professionnels médicaux doivent permettre de les équiper pour diagnostiquer et traiter les cas aigus d'empoisonnement et les effets d'une longue exposition chronique.

Une fois testés et validés, les modules de formation seront rendus facilement accessibles pour être utilisés et adaptés (et éventuellement améliorés).

Le PACA développe et teste des matériaux et des manières innovantes de promouvoir des bonnes pratiques en relation avec l'aflatoxine. Ils doivent cibler les différents publics et encourager le partage de résultats pour optimiser leurs impacts.